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Point final. 29/07/2018

___On ne va pas se mentir, je n'ai aucune idée de comment commencer cet article qui sera le plus dur à écrire de tout ce blog. Je vais essayer de faire les choses bien, mais je m'excuse d'avance pour les fautes et les incohérences à venir.
 
___Golden-Book existe depuis quasiment six ans maintenant. Dessus auront été chroniquées 270 fiches, dont un tiers écrites par moi-même. Ce blog aura été blog star, aura connu deux noms, et aura été géré par 14 personnes au cours de son existence. Il totalise plus de 21 700 visites et 4 800 commentaires. Ce sont des statistiques que je trouve pour ma part impressionnantes et si on me l'avait dit quand j'ai créé ce blog, je ne l'aurai pas cru.
 
___Mais il se trouve que dans ce beau voyage j'ai perdu la passion. Je suis aujourd'hui bien différente de celle que j'étais quand j'ai commencé, à 15 ans. Je sais que je serai fière de ce que je suis devenue, mais cela ne change rien au fait que je n'ai plus la même envie. J'aime toujours lire, je lis sans compter. Mais passer du temps à faire des fiches pour vous partager mon enthousiasme pour tel livre ou mon dégoût pour un autre, ça je n'en ai plus envie. Il en est de même pour tout ce qui est gérance de ce blog. Je ne ressens plus d'excitation à la lecture des commentaires laissés, la fougue me forçant à répondre de suite m'a quittée, et je n'ai plus la joie que me procure la rédaction de la NL où je pouvais un peu parler avec vous d'autre chose que de littérature.
 
___J'ai changé, et c'est pourquoi j'ai décidé d'arrêter ce blog.
 
___Evidemment cette décision n'est pas juste liée à ma perte d'intérêt pour l'activité de blogueuse et chroniqueuse elle est aussi liée au fait que mes études et ma vie en générale me demandent de plus en plus de temps et d'énergie. Je n'ai pas eu une année facile c'est pourquoi j'ai été beaucoup moins présente ici, et durant ce temps j'ai ressenti l'existence de ce blog comme un fardeau. Je me disais "il faut encore que je rédige une fiche sur tel livre", "il ne faut pas que j'oublie de m'occuper de la NL", "il faut que je réponde aux commentaires", "il faut que j'envoie un message aux filles vis à vis de tel article qui sortira dans tant de temps". Vous ne le voyez pas mais c'est une organisation à part entière, et j'ai plus le temps ni l'envie pour cela.
 
___Je vous remercie toutes pour avoir continué de venir commenter les articles, de donner vos avis et d'échanger avec nous. Pour certaines vous êtes là depuis très longtemps, et je vous suis énormément reconnaissante d'avoir fait ce bout de voyage avec moi. J'ai toujours été heureuse de partager cela avec vous et je suis triste que ça s'arrête.

___Je remercie également toutes les chroniqueuses qui sont passées par ici, notamment celles qui y ont laissé une marque indélébile : Cookie, Kiwi, Aneurysm, Flora, Aeroyou, Wish, LittleTartine et bien sûr l'équipe de cette année. Sans vous rien n'aurait été pareil et je vous remercie de vous être prêtées au jeu. Je tiens tout particulièrement dans mon c½ur les deux premières équipes avec qui j'ai partagé de nombreux fou rires sur skype ou ici, vous comptez beaucoup pour moi et je suis contente d'avoir pu garder contact avec la plupart d'entre vous.

___Mettre fin à ce blog me crève le coeur, je vous le dis honnêtement. J'y ai réfléchi longuement, à plusieurs reprises. C'est déjà une idée qui m'avait traversé l'esprit il y a environ 1 an et demi de ça mais j'ai eu envie de continuer. Mais là ça y est, je sais que c'est la bonne décision à prendre. Ça me rend triste de m'arrêter, merde, j'en chiale de vous dire que la semaine prochaine il n'y aura pas de NL et qu'il n'y en aura plus aucune sur ce blog. Ca aura été une très grande part de moi-même, mais ça s'arrête là.

___Je ne dis pas que c'est une fin définitive, que je n'écrirai plus jamais d'articles ou que je compte disparaître d'internet. Mais ce blog a fait son temps et il en est de même pour cette plateforme de manière générale. Il est fort possible que d'ici quelques mois ou années vous me retrouviez sur une autre plateforme sous un autre nom de blog (ou peut-être le même qui sait ?) à écrire des articles plus ou moins similaires, et je passerai ici vous en parler. Mais d'ici là j'ai besoin d'une vraie pause et de quitter cet endroit.

___Si vous voulez rester en contact, je vous donne mon twitter avec joie (→ https://twitter.com/AoStark_). Sachez que c'est le seul réseau social où je suis vraiment active mais si vous voulez autre chose on peut négocier.
___Par ailleurs ce blog ne sera pas supprimé et les articles resteront en ligne, il n'aura juste plus aucune mise à jour.


___Je quitte ce blog comme on quitte un bel appartement dans lequel on a vécu plusieurs années : la gorge serrée, mais la tête remplie de bons souvenirs et le coeur gorgé d'amour.

___Je signe pour la dernière fois sous ce nom,
___Merci pour tout.


___Zoubi,
Sa-chan.




Le labyrinthe du monde, tome 1 : Souvenirs pieux 22/01/2018


Titre : Souvenirs pieux
Auteur : Marguerite Yourcenar
Edition : Folio
Année de publication : 1974
Pages : 370
Prix : 8,30¤

___Quatrième de couverture
Le livre de Marguerite Yourcenar commence par le récit d'une naissance : la sienne. De ce point de départ elle s'interroge. D'où vient-elle ? Qui fut sa mère, morte presque aussitôt ? Qui fut son père ? Ces deux familles dont elle est issue, que peut-elle en savoir, à travers les épaisseurs du temps ? Personne ne rend sensible comme elle l'existence d'âge en âge des êtres en un lieu donné, et le fait que les générations sur le même coin de terre s'entassent comme des strates géologiques, côte à côte avec les bêtes et les plantes. Le récit s'accompagne à chaque pas de commentaires qui sont des coups de projecteurs dans le brouillard de toute vie. Si bien que d'une histoire à peu près ordinaire ou commune Marguerite Yourcenar a fait une ½uvre extraordinaire, où la rigueur le dispute à la compassion, où le plus grand art et le plus discret est au service d'une rare noblesse de c½ur.


___Extrait
Où qu'on aille et quoi qu'on fasse, ne se heurte-t-on pas, d'ailleurs, à des vérités qu'il faut taire, ou tout au moins n'insinuer que prudemment à voix basse, et qu'il serait criminel de ne pas savoir garder pour soi?

___Mon commentaire
Souvenirs pieux est, si l'on peut dire, le premier tome de la trilogie autobiographique le labyrinthe du monde, de Marguerite Yourcenar. Il s'agit là non pas de sa propre histoire mais de celle de sa famille, du Moyen-Âge à l'époque de ses parents.
Moi qui apprécie d'habitude véritablement les ouvrages de cette grande dame, je me suis, avec ce livre-ci, ennuyée. Eh oui, j'aurai au total peiné plus de six semaines pour parvenir au bout des 370 pages. Je ne reprocherai rien, évidemment, au style lui-même. Cependant, je ne suis pas parvenue à "accrocher" à cette histoire de famille, à ces générations décrites à travers les siècles et au milieu desquelles, hélas, on se perd.
Au moment de refermer ce volume, je suis incapable de dire si j'arriverai à me décider, un jour, à lire les suivants, bien que la perspective d'entendre cette fois parler de la vie de Marguerite Yourcenar elle-même m'enchante un peu plus.

___Vos avis?


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Corinne ou l'Italie 06/08/2016



Titre : Corinne et l'Italie
Auteur : Madame de Staël
Edition : Gallimard - folio
Année de publication : 1807
Pages : 627
Prix : 12,50¤

___Quatrième de couverture
Un roman cosmopolite et européen qui évoque la France, l'Angleterre et l'Italie à l'aube du romantisme dans la diversité de leurs m½urs et de leurs cultures. L'histoire d'une femme, la poétesse Corinne, qui inaugure le débat sur la condition féminine, sur le droit de la femme à vivre en être indépendant et à exister en tant qu'écrivain. Corinne, c'est Mme de Staël elle-même, "la femme la plus extraordinaire qu'on vit jamais" selon Stendhal, "un être à part, un être supérieur tel qu'il s'en rencontre peut-être un par siècle", disait Benjamin Constant. Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : "Il faut reconnaître après tout que c'est une femme d'un très grand talent ; elle restera."




___Extrait
- Croyez-moi, dit Corinne à lord Nelvil, ne formons point de plan pour les années qui suivront. Les plus heureux moments de la vie sont encore ceux qu'un hasard bienfaisant nous accorde.

___Mon commentaire
Par où commencer, pour parler d'un tel roman?
Madame de Staël souhaitait consacrer un livre à l'Italie ; Corinne en sera l'occasion. Via les visites et voyages des héros, nous découvrons sous sa plume superbe ce pays magnifique. Comment, après avoir lu ce roman, ne pas avoir envie de découvrir ces lieux nous-mêmes?
Lesdits lieux sont le théâtre d'un drame. Corinne est le modèle de la femme parfaite : belle, élégante, brillante, elle manie à la perfection les arts du dessin, de la poésie et de la musique. Indépendante, c'est au perfectionnement de ses talents qu'elle voue son existence.
Sa route croise celle de lord Nelvil, un Anglais en voyage qui pleure encore et toujours son père disparu. Au milieu des descriptions des Italiens, madame De Staël trouve là moyen d'en placer d'autres sur le caractère anglais. Oswald est charmé par Corinne, Corinne tombe éperdument amoureuse d'Oswald. On s'en doute dès le début, une telle passion ne saurait avoir une heureuse fin et les personnages sont d'avance condamnés à souffrir.
Il me faut maintenant évoquer mes impressions quant à ce roman et dirais d'emblée que c'est un coup de coeur absolu. Tant l'Italie que Corinne m'ont plu ! Oswald, par contre, m'a exaspérée page après page, chapitre après chapitre.
On me pardonnera, je l'espère, d'exprimer un point de vue aussi tranché. J'ai coutume, quand un roman me plait, de me laisser transporter par les personnages comme s'ils existaient réellement. Comment cet Anglais rigide a donc osé briser le coeur de la femme la plus brillante qui fut? Et cela pour quoi, pour qui? Pour Lucile qui, ne vous en déplaise, m'a semblé, à côté de Corinne, fade et insipide, toute jolie qu'elle soit, une parfaite potiche, une bonne petite maîtresse de maison, grâce à la scrupuleuse éducation anglaise qu'elle a reçue ! Pour respecter les projets que son père, mort depuis plusieurs années, avait formé pour lui ! Pour un soi disant bonheur domestique qui sera finalement empoisonné par les souvenirs et les remords !
Ciel ! pauvre Corinne ! Ce roman est également un grand roman féministe, en cela qu'il oppose habilement Rome et l'Italie, qui laissent les femmes exprimer et cultiver leurs talents, à l'Angleterre, où elles se doivent d'être silencieuses et réservées pour qu'on les considère comme respectables : surtout ne pas se faire remarquer, ne pas s'élever au-dessus du lot, sois belle, prépare le thé et tais-toi. Corinne, ou un talent et une beauté extraordinaires sacrifiés pour la sécurité et la tranquillité des habitudes de cette bonne vieille Angleterre.
Enfin, je me suis laissée aller à imaginer ce qu'aurait pu être la vie de Corinne si elle avait épousé lord Nelvil. C'est avec regret que j'ai conclu qu'elle aurait fini par dépérir aux côtés de ce caractère irrésolu, enchaîné au souvenir paternel, elle si vive, pleine de l'imagination et de la fantaisie italiennes. Peut-être valait-il mieux, en effet, qu'il s'unisse à Lucile. Il n'en reste pas moins qu'il aura tué de chagrin une femme remarquable...

___Vos avis?


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La Chartreuse de Parme 27/09/2015



Titre : La Chartreuse de Parme
Auteur : Stendhal
Edition : Folio classique
Année de publicaton : 1839
Pages : 585 (sans la préface et le dossier)
Prix : à partir de 3,99¤

___Quatrième de couverture
Un livre unique, une somme romanesque, un livre dicté en moins de deux mois et qui est le sommet de l'improvisation, un récit sur Bonaparte, Waterloo, l'Italie, un grand ouvrage politique, que dire encore en faveur de ce qu'Italo Calvino appelait « le plus beau roman du monde ». Une comédie humaine, un itinéraire spirituel, plusieurs histoires d'amour enfermées dans une petite ville d'Italie, avec le passage du temps, le charme de la mémoire, les « paysages sublimes », le paradoxe d'un héros qui trouve son paradis en prison, toutes les vertus et toutes les làchetés, il faudrait tout citer. Manqueraient encore la merveilleuse brièveté de la phrase, et le sens de l'humour. Toute la littérature française en un volume.




___Extrait
Ainsi, quoique étroitement resserrée dans une assez petite cage, Fabrice avait une vie fort occupée ; elle était employée tout entière à chercher la solution de ce problème si important : M'aime-t-elle? Le résultat de milliers d'observations sans cesse renouvelées, mais aussi sans cesse mises en doute, était ceci : Tous ces gestes volontaires disent non, mais ce qui est involontaire dans le mouvement de ses yeux semble avouer qu'elle prend de l'amitié pour moi.

___Mon commentaire
Avec le rouge et le noir, de l'oeuvre de Stendhal, on a surtout retenu La chartreuse de Parme. Ce roman est l'histoire de Fabrice del Dongo, jeune homme médiocre, grand admirateur de Napoléon. Que de péripéties ! Il s'engage dans l'armée française où il ne restera que peu de temps, retourne en Italie, se cache, fait des études de théologie ; il s'en passe tellement que je ne saurais le raconter dans le bon ordre. Durant tout ce temps, Fabrice est protégé, de près ou de loin, par sa tante Gina, duchesse Sanseverina qui est, il faut bien le dire, un peu amoureuse de lui.
On commence à se lasser de ces aventures incessantes, sur un fond d'intrigues de cour, quand arrive, passée la moitié du roman, l'évènement qui va tout faire basculer : Fabrice est emprisonné à la citadelle de Parme pour le meurtre de Giletti, un petit acteur jaloux qui cherchait à se venger de ce que notre héros avait séduit sa maîtresse. Tout bascule, donc, et tout commence : la fenêtre de la cellule de Fabrice donne sur la volière de Clélia Conti, la fille du gouverneur et Fabrice, le coureur, le léger, tombe éperdument amoureux de Clélia. Alors que la duchesse Sanseverina et son amant le comte Mosca tentent l'impossible pour le délivrer, Fabrice se meurt d'amour pour cette jeune fille timide, discrète et incroyablement jolie. A force d'astuce, ils parviennent à communiquer au moyen d'alphabets. Puis, lorsqu'elle apprend que l'on cherche à empoisonner son bien-aimé, Clélia lui fait passer boisson et nourriture, elle, la fille du gouverneur. Cette liaison des âmes, de fenêtre à fenêtre, est ce qu'il y a de plus grand dans ce roman ; que n'écrit-on plus rien de ce genre?
Je passerai rapidement sur la fin du roman : Fabrice s'échappe grâce à sa tante. Il désespère de revoir jamais Clélia. Elle a fait voeu à la Madone, pendant une maladie de son père, de ne jamais revoir Fabrice ; elle le recevra par la suite toujours dans l'obscurité. Auront-ils, enfin, l'occasion de vivre leur amour?

___Vos avis?



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Les Confessions 29/11/2015


 
 
 
 
 
Titre : Les Confessions
Auteur : Jean-Jacques Rousseau
Edition : Folio
Date de parution : 1782
Nombre de pages : 864
Prix : 4,60¤





 
Quatrième de couverture :


« Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. Moi, seul. Je sens mon c½ur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu. »

 
Extrait :


«   [...] Je voudrais savoir s'il passe quelquefois dans les coeurs des autres hommes des puérilités pareilles à celles qui passent quelquefois dans le mien. Au milieu de mes études et d'une vie innocente autant qu'on la puisse mener, et malgré tout ce qu'on m'avait pu dire, la peur de l'enfer m'agitait encore souvent. Je me demandais: En quel état suis-je? si je mourais à l'instant, serais-je damné? Selon mes jansénistes la chose était indubitable; mais selon ma conscience il me paraissait que non. Toujours craintif et flottant dans cette cruelle incertitude, j'avais recours, pour en sortir, aux expédients les plus risibles, et pour lesquels je ferais volontiers enfermer un homme si je lui en voyais faire autant. Un jour, rêvant à ce triste sujet, je m'exerçais machinalement à lancer des pierres contre les troncs des arbres, et cela avec mon adresse ordinaire, c'est-à-dire sans presque en toucher aucun. Tout au milieu de ce bel exercice, je m'avisai de m'en faire une espèce de pronostic pour calmer mon inquiétude. Je me dis: Je m'en vais jeter cette pierre contre l'arbre qui est vis-à-vis de moi; si je le touche, signe de salut; si je le manque, signe de damnation. Tout en disant ainsi, je jette ma pierre d'une main tremblante et avec un horrible battement de coeur, mais si heureusement qu'elle va frapper au beau milieu de l'arbre; ce qui véritablement n'était pas difficile, car j'avais eu soin de le choisir fort gros et fort près. Depuis lors je n'ai plus douté de mon salut. Je ne sais, en me rappelant ce fait, si je dois rire ou gémir sur moi-même. Vous autres grands hommes, qui riez sûrement, félicitez-vous; mais n'insultez pas à ma misère, car je vous jure que je la sens bien. [...] »
 


Mon avis :


      Il me semble n'avoir jamais été aussi peu emballée à l'idée de lire un ouvrage imposant tel que Les Confessions. La bête fait tout de même plus de 800 pages et l'édition folio et ses minuscules caractères ne m'ont pas aidée. Pourtant, je me suis lancée. Et ce fut une belle surprise.
      Contrairement à d'autres autobiographies que j'ai lu précédemment, celle-ci est accessible et limpide. Rousseau a révolutionné le genre autobiographique avec cet ouvrage. Pour certains, le fait qu'il conte toute sa vie en n'omettant le moins de détail possible peut sembler fastidieux. J'avoue que quelques passages sont assez ennuyeux puisque Rousseau s'est engagé à « tout dire ». Toutefois je fus fascinée par le style de cet homme et par ses propos. Il n'hésite pas à dépeindre des instants gênants ou douloureux pour lui. A travers sa plume nous pouvons clairement ressentir qu'il s'agit d'un homme torturé par certains de ses souvenirs et qui ressent le besoin de tout étaler à l'écrit.
     Ainsi, Les Confessions est un ouvrage singulier qui mérite d'être consulté par tous les grands amateurs de littérature. Toutefois, en vue de sa longueur, je vous conseille de le lire lorsque vous avez du temps !

by LittleTartine

Tags : Rousseau - Folio - Gallimard - #LittleTartine

Les frères Karamazov 13/12/2015





Titre : Les frères Karamazov
Auteur : Fédor Dostoïevski
Edition : Folio classique
Année de publicaton : 1880
Pages : 918 (sans la préface et le dossier)
Prix : à partir de 8¤

___Quatrième de couverture
«Quand je vais vers les gens, il me semble que je suis le plus vil de tous, et que tout le monde me prend pour un bouffon ; alors je me dis : "Faisons le bouffon, je ne crains pas votre opinion, car vous êtes tous, jusqu'au dernier, plus vils que moi !" Voilà pourquoi je suis bouffon, par honte, éminent père, par honte. Ce n'est que par timidité que je fais le crâne. Car si j'étais sûr, en entrant, que tous m'accueillent comme un être sympathique et raisonnable, Dieu, que je serais bon !»





___Extrait
- Je pense que chacun en ce monde devrait apprendre, avant tout, à aimer la vie.
- Aimer la vie plutôt que chercher à la comprendre ?
- C'est cela, aimer la vie sans souci de la logique, comme tu l'as dit. C'est ainsi seulement qu'on finit par en découvrir le sens.

___Mon commentaire
Quel roman que Les frères Karamazov ! Autant la société russe que la psychologie des personnages y sont merveilleusement analysés !
Ils sont trois : Dmitri (décrit comme le "jouisseur soumis à ses pulsions" par Sigmund Freud dans la préface), Ivan (le "cynique sceptique") et Alexei. Chacun d'entre eux représente un côté de l'homme russe. Le père, Fiodor Pavlovitch, est quant à lui ivrogne, violent, jouisseur également. Je ne tenterai pas plus avant de décrire les personnages, je n'y parviendrai jamais parfaitement.
Dans la Russie du XIXème, entre affaires de femmes et affaires d'argent, Fiodor Pavlovitch est assassiné. Dmitri, son rival amoureux, en quête d'argent, est aussitôt accusé de parricide ; en effet, tout l'accuse. Mais tout n'est pas si simple...
J'ai mis deux mois et demi à venir à bout de ce roman. Si je reconnais sans souci le talent de Dostoïevski, je dois avouer avoir eu du mal à m'intéresser à l'intrigue avant l'assassinat de Fiodor Pavlovitch, qui survient à la page 500...
Les personnages de ce roman sont véritablement fascinants ! L'analyse de chacun de leur caractère est soigneusement menée tout au long du livre. Rien qu'en cela, ce roman est un chef d'oeuvre !
A lire !

___Vos avis?


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La cantatrice chauve, La leçon 11/08/2016





Titre : La cantatrice chauve, La leçon
Auteur : Eugène Ionesco
Edition : Gallimard - folio
Année de publication : 1950
Pages : 150
Prix : ¤

___Quatrième de couverture
Mme SMITH : Tiens, il est neuf heures. Nous avons mangé de la soupe, du poisson, des pommes de terre au lard, de la salade anglaise. Les enfants ont bu de l'eau anglaise.
Nous avons bien mangé ce soir.
C'est parce que nous habitons dans les environs de Londres et que nous notre nom est Smith...

___Extrait
Mme MARTIN: Ce matin, quand tu t'es regardé dans la glace tu ne t'es pas vu.
M. MARTIN: C'est parce que je n'étais pas encore là...




___Mon commentaire
La cantatrice chauve... Un titre intrigant pour une pièce incompréhensible. J'aurais jeté l'éponge dès la troisième page si les critiques des autres lecteurs de Babelio ne m'avaient pas donné quelques explications ; Ionesco apprenait vraisemblablement l'anglais via une méthode contenant, comme toutes les méthodes de langues, des phrases sans signification. Voilà pour l'enchaînement étrange des répliques des personnages.
Autant dire que s'il n'avait pas fallu une lettre I pour le Challenge ABC, je ne me serais pas embarrassée avec Ionesco. Vraiment, le théâtre de l'absurde n'est pas ma tasse de thé, même de thé anglais à l'instar de tout ce qui entoure M and Mrs Smith.
Je ne lis pas La leçon ; c'est au-dessus de mes forces.

___Vos avis?


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Gatsby Le Magnifique 06/05/2018

Gatsby Le Magnifique

Titre :
The Great Gatsby - Gatsby Le Magnifique
Auteur : F. Scott Fitzgerald
Edition : Penguin Classics
Date publication : 1926
Pages : 172
Prix : 5.50¤
 


Quatrième de couverture :
 
Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby.
Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu'il génère, est réputé pour les soirées qu'il donne dans sa somptueuse propriété. L'opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C'est pourquoi l'illusion ne peut être qu'éphémère.
Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.
 

 
Extraits :
 
___« Il m'adressa un sourire (...). Un de ces sourires rare, source d'éternel réconfort, comme on n'en rencontre que quatre ou cinq fois dans sa vie. Un sourire qui défiait -ou semblait défier - brièvement le monde entier, puis se focalisait sur vous comme s'il vous accordait un préjugé irrésistiblement favorable. Qui vous comprenait dans la mesure exacte où vous souhaitiez être compris. Qui croyait en vous comme vous auriez voulu croire en vous même. »
 
___« In my younger and more vulnerable years my father gave me some advice that I've been turning over in my mind ever since.
___“Whenever you feel like criticizing anyone,” he told me, “just remember that all the people in this world haven't had the advantages that you've had.” »
 
___« I hope she'll be a fool – that's the best thing a girl can be in this world, a beautiful little fool. »
 
___They were careless people, Tom and Daisy – they smashed up things and creatures and then retreated back into their money and their vast carelessness, or whatever it was that kept them together, and let other people clean up the mess they had made...
 
___« It eluded us then, but that's no matter – tomorrow we will run faster, stretch out our arms further... and one fine morning –
___So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. »
 
 
Mon commentaire :
 
___Grand classique de la littérature américaine, je m'attendais évidemment à lire The Great Gatsby pendant mes études. Avant de me lancer dans cette lecture je n'avais pas vu le film mais je connaissais en revanche la fin de l'histoire. Néanmoins je ne savais pas de quoi le livre traitait à part d'un homme riche et célèbre nommé Gatsby et connu pour ses soirées interminables.
 
___The Great Gatsby est donc l'histoire de Jay Gatsby certes, mais elle nous est contée par Nick Carraway, narrateur et voisin. On découvre donc à travers ses yeux la personnalité grandiose et opulente de Gatsby qui est à l'image des soirées qu'il organise dans sa demeure, mais on apprend également son histoire, son passé et ses ambitions parce qu'après tout c'est vrai : qui est réellement Gatsby ? Tout le monde vous donnera son avis mais personne ne détiendra jamais la vérité.
___L'enjeu de l'histoire est donc là : découvrir qui est vraiment Gatsby, et entre illusions et mensonges il y a du tri à faire. Tous les personnages se posent la question, à la fin bien peu ont la réponse.
 
___On ne va pas se mentir, les personnages de cette histoire n'ont rien de bien sympathique. Nick Carraway qui est notre guide dans ces Etats-Unis des années folles reste tant en retrait que l'on ne connaît pas réellement sa personnalité et il nous apparaît comme presque fade. Daisy Buchanan (cousine de Nick vivant non loin) bien que magnifique et charmante est indécise, désagréable et superficielle, mais son mari Tom est quant à lui bien pire. Il nous reste donc Jordan Baker qui ressemble beaucoup à Daisy même si elle semble plus mature mais également plus espiègle, et Gatsby qui bien qu'étant menteur reste un personnage mystérieux dont on a envie de percer le secret.
___Donc certes, il y a peu de chances que les personnages vous
Gatsby Le Magnifique
 fassent aimer le livre car Fitzgerald n'a rien fait pour les rendre attachants, cependant un livre n'a pas forcément besoin de nous faire aimer les personnages pour être bon.
 

___Si The Great Gatsby a la place qu'il a aujourd'hui c'est parce qu'il est un témoignage de la société de l'époque où personne ne se doutait de l'arrivée imminente de la Grande Dépression. Ce livre nous montre donc la décadence, l'excès, l'idéalisme et le bouleversement social de l'époque. En plus de cela il se permet une critique du grand Rêve Américain ainsi que de l'hypocrisie de l'époque.
 
___En conclusion The Great Gastby vaut la peine d'être lu car il fait partie des classiques de la littérature américaine, c'est un bon témoignage de son époque, et il vous brûlera d'envie de découvrir qui est réellement Gatsby. Le style peut vous rebuter un peu mais il a l'avantage de donner comme une dimension onirique à l'histoire qui est très agréable.
___Si vous êtes septique, n'hésitez pas à au moins essayer, après tout le livre ne fait même pas 200 pages.
 
 
___Concernant la lecture en anglais, si vous êtes encore chancelant, renoncez tout de suite. J'ai pour ma part un très bon niveau d'anglais, je peux tout lire sans problème mais l'écriture ici est très alambiquée et Nick a tendance à utiliser des grandes phrases pour ne rien dire ce qui est honnêtement très fatigant et ne facilite pas notre immersion dans l'histoire. A moins d'être sûr de votre niveau, lisez le en français (ou regardez le film qui est d'après moi une très bonne adaptation!) ou bien ce livre pourrait vous dégoûter.
 
 
Vos avis ?
 
 
 
 
Sa-chan

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Huis clos, Les mouches 27/05/2018


Titre : Huis clos, Les mouches
Auteur : Jean-Paul Sartre
Edition : Gallimard
Année de publication : 1947
Pages : 245
Prix : 7,80¤

___Quatrième de couverture
GARCIN : Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (ll se retourne brusquement.) Ha! vous n'êtes que deux? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez: le soufre, le bûcher, le gril... Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril: l'enfer, c'est les Autres.

___Extrait
On meurt toujours trop tôt ou trop tard. Et cependant, la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.


___Mon commentaire
Je ne reviendrai pas sur l'histoire elle-même de la très célèbre pièce Huis clos et de ses trois personnages enfermés dans un salon, en enfer.
Dans Les mouches, Sartre reprend la légende de l'assassinat de Clytemnestre et Egisthe par Oreste, soutenu par sa soeur Electre. Inutile, là encore, de revenir sur la trame de l'histoire.
Au moment d'écrire ma critique, je suis bien embêtée.
Ce n'est pas que ce livre ne m'ait pas plu, loin de là. Seulement, au vu de la réputation notamment de Huis clos, je m'attendais à quelque chose de plus... transcendant. Certes, cette pièce va bien au-delà du fameux "L'enfer, c'est les autres" et offre des nombreuses pistes de réflexions personnelles mais, tout de même, je dois avouer avoir été un peu déçue. Peut-être est-ce le lot de nombreux grands classiques dont on a entendu les louanges depuis des années, quand on les découvre enfin.

___Vos avis?


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