Corinne ou l'Italie



Titre : Corinne et l'Italie
Auteur : Madame de Staël
Edition : Gallimard - folio
Année de publication : 1807
Pages : 627
Prix : 12,50¤

___Quatrième de couverture
Un roman cosmopolite et européen qui évoque la France, l'Angleterre et l'Italie à l'aube du romantisme dans la diversité de leurs m½urs et de leurs cultures. L'histoire d'une femme, la poétesse Corinne, qui inaugure le débat sur la condition féminine, sur le droit de la femme à vivre en être indépendant et à exister en tant qu'écrivain. Corinne, c'est Mme de Staël elle-même, "la femme la plus extraordinaire qu'on vit jamais" selon Stendhal, "un être à part, un être supérieur tel qu'il s'en rencontre peut-être un par siècle", disait Benjamin Constant. Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : "Il faut reconnaître après tout que c'est une femme d'un très grand talent ; elle restera."




___Extrait
- Croyez-moi, dit Corinne à lord Nelvil, ne formons point de plan pour les années qui suivront. Les plus heureux moments de la vie sont encore ceux qu'un hasard bienfaisant nous accorde.

___Mon commentaire
Par où commencer, pour parler d'un tel roman?
Madame de Staël souhaitait consacrer un livre à l'Italie ; Corinne en sera l'occasion. Via les visites et voyages des héros, nous découvrons sous sa plume superbe ce pays magnifique. Comment, après avoir lu ce roman, ne pas avoir envie de découvrir ces lieux nous-mêmes?
Lesdits lieux sont le théâtre d'un drame. Corinne est le modèle de la femme parfaite : belle, élégante, brillante, elle manie à la perfection les arts du dessin, de la poésie et de la musique. Indépendante, c'est au perfectionnement de ses talents qu'elle voue son existence.
Sa route croise celle de lord Nelvil, un Anglais en voyage qui pleure encore et toujours son père disparu. Au milieu des descriptions des Italiens, madame De Staël trouve là moyen d'en placer d'autres sur le caractère anglais. Oswald est charmé par Corinne, Corinne tombe éperdument amoureuse d'Oswald. On s'en doute dès le début, une telle passion ne saurait avoir une heureuse fin et les personnages sont d'avance condamnés à souffrir.
Il me faut maintenant évoquer mes impressions quant à ce roman et dirais d'emblée que c'est un coup de coeur absolu. Tant l'Italie que Corinne m'ont plu ! Oswald, par contre, m'a exaspérée page après page, chapitre après chapitre.
On me pardonnera, je l'espère, d'exprimer un point de vue aussi tranché. J'ai coutume, quand un roman me plait, de me laisser transporter par les personnages comme s'ils existaient réellement. Comment cet Anglais rigide a donc osé briser le coeur de la femme la plus brillante qui fut? Et cela pour quoi, pour qui? Pour Lucile qui, ne vous en déplaise, m'a semblé, à côté de Corinne, fade et insipide, toute jolie qu'elle soit, une parfaite potiche, une bonne petite maîtresse de maison, grâce à la scrupuleuse éducation anglaise qu'elle a reçue ! Pour respecter les projets que son père, mort depuis plusieurs années, avait formé pour lui ! Pour un soi disant bonheur domestique qui sera finalement empoisonné par les souvenirs et les remords !
Ciel ! pauvre Corinne ! Ce roman est également un grand roman féministe, en cela qu'il oppose habilement Rome et l'Italie, qui laissent les femmes exprimer et cultiver leurs talents, à l'Angleterre, où elles se doivent d'être silencieuses et réservées pour qu'on les considère comme respectables : surtout ne pas se faire remarquer, ne pas s'élever au-dessus du lot, sois belle, prépare le thé et tais-toi. Corinne, ou un talent et une beauté extraordinaires sacrifiés pour la sécurité et la tranquillité des habitudes de cette bonne vieille Angleterre.
Enfin, je me suis laissée aller à imaginer ce qu'aurait pu être la vie de Corinne si elle avait épousé lord Nelvil. C'est avec regret que j'ai conclu qu'elle aurait fini par dépérir aux côtés de ce caractère irrésolu, enchaîné au souvenir paternel, elle si vive, pleine de l'imagination et de la fantaisie italiennes. Peut-être valait-il mieux, en effet, qu'il s'unisse à Lucile. Il n'en reste pas moins qu'il aura tué de chagrin une femme remarquable...

___Vos avis?


Tags : Madame De Staël - Gallimard - Folio - #Rupture Symbolique

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Comments :

  • liseuse66

    23/11/2016

    Il me tente bien!

  • x-Ipso-Facto

    12/10/2016

    oulaaa, très peu pour moi.Je ne suispas tentée, du tout, du tout ^^

  • BO-o-M

    12/10/2016

    Je serai assez curieuse de le lire tien :D

  • MonMondeLivresque

    11/10/2016

    Bonjour, je t'ai rajoutée à la liste des prévenus, merci à toi :D
    Juste pour que tu saches au cas où tu n'aurais pas vu, c'est un kiff par nouvel article pour rester sur la liste !

    Sa-chan

    -> Bonsoir, merci :D
    pas probleme :) Bonne nuit

  • bookcitationsseries

    11/10/2016

    Je ne connaissais pas ce livre mais il ne me donne pas très envie :/

  • Nanettes-World-x

    11/10/2016

    Il me semble qu'une amie de ma maman m'a donné ce roman ! En tout cas, un de Mme de Staël, ça c'est sur. J'espère que c'est bien celui-là car, après avoir lu ta chronique, je n'ai qu'une envie : me jeter sur ce roman qui m'a l'air magnifique et dépeint un pays cher à mon coeur : l'Italie. Qui plus est, je veux rencontrer la brillante et belle Corinne, qui m'a tout l'air d'être admirable et exceptionnelle. Ma curiosité est piquée, il me tarde de découvrir la plume de Mme de Staël et ce qu'elle a à nous offrir. Merci pour cette chronique très enrichissante sur un roman qui, il me semble, du moins d'après ce que tu en dis, qu'il peut marquer les esprits.

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